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Médiatrice aux Urgences : une année pour expérimenter.

Je viens de passer une année dans les services d’urgence des Hospices Civils de Lyon.

Qu’est ce qui peut amener à l’idée que cet espace a besoin de médiateur ? Qu’est ce qui se joue et entre qui ? Qui a besoin de médiateurs ?

Il est certainement question de cette fameuse « bientraitance » : Cette façon de prendre soin du patient, de son accompagnement, d’entendre sa souffrance, son angoisse et surtout ce souhait d’y répondre au mieux. La bientraitance c’est une attitude. Celle qui permet de meilleures conditions pour la prise en charge du patient et des accompagnants et celle qui procure le plus de sérénité possible pour le soignant.

Mettre en place une étude sur l’impact de la présence d’un médiateur dans un service d’urgences, c’est intéressant et cela questionne :

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débattre

Débattre : « discuter avec vivacité et chaleur… »

Débattre : « discuter avec vivacité et chaleur… »

Je participe volontairement et bénévolement à l‘animation de rencontres du Grand Débat National. C’est apparu comme une évidence. Participer au Grand Débat a un sens pour moi : je  pourrais me rendre à certains débats comme participante. J’ai choisi de proposer certaines de mes compétences professionnelles pour soutenir, accompagner, être en appui à ces rencontres de citoyens. J’ai choisi de proposer un cadre à ces réunions, de faciliter l’écoute et l’expression de chacun et de favoriser la co construction dans les échanges. Tous ces objectifs sont un peu ambitieux mais portés par une vraie envie : l’envie d’être là, dans un acte citoyen et avec les autres.

Etre indépendant, neutre et impartial c’est le leitmotiv des médiateurs et il me semble que c’est « la » posture adéquate pour animer ces débats et essayer de leur donner un sens. Pas forcément celui du débat partisan, celui du débat « sensible ». Sensibilité des situations, des sujets, des personnes, des difficultés exprimées. Je crois vraiment que la présence d’animateurs formés à la médiation est un atout pour le déroulement de ces échanges.

Beaucoup d’inconnus à chaque débat : le nombre de personnes, la diversité (ou non) du public, l’adhésion (ou non) au cadre proposé et surtout l’inconnu de l’instant présent.

Les réunions se suivent et ne se ressemblent pas…Certains repartent heureux voir enthousiastes, pour d’autres ces débats sont stériles. Ils ne sont que le reflet des cahiers de doléances, une longue litanie de ce qui ne plait pas, un catalogue de revendications. Peut- être…mais je me satisfaits de voir des hommes et des femmes, se rencontrer, se parler, partager des idées, se confronter, être ensemble, se trouver et se retrouver. Pour moi quel qu’en soit le contenu, c’est aussi ce que ce moment représente qui a du sens. Chacun manifeste et se manifeste. Chacun dit et entend dire.

En tant que médiatrice, je suis là pour essayer de soutenir cette liberté d’expression, pour faire circuler la parole qu’elle soit revendicatrice, force de proposition ou qu’elle constate.

L’exercice est difficile. J’aimerais que les personnes quittent ces débats satisfaites du temps passé et de la qualité des échanges. Mon œil de professionnel s’attache à ce que les hommes et les femmes présents se soient sentis respectés et accueillis dans leur propos, mon cœur de citoyenne veut se féliciter de la possibilité de cette rencontre.

C’est une expérience : et comme toute expérience, il faut la regarder avec un œil critique.

Il y a des choses à améliorer dans l’organisation des débats, dans l’animation et dans la synthèse. Et on peut aussi se dire que nous partageons ensemble cette expérience. J’aimerais que nous restions bienveillants les uns envers les autres, qu’il s’agisse de débattre ou d’animer…Voyons le côté positif des choses et partons d’un apriori positif.

A la suite d’un débat, je me suis posée plusieurs questions…Pourquoi je me sens obligée de faire ça ? Pourquoi je vais jusqu’à me mettre en difficulté parfois dans le cadre de ces débats ? Qu’est-ce que je cherche ?

Je cherche la rencontre, la liberté, la possibilité. J’ai vraiment envie de dire MERCI aux médiateurs qui partagent cette expérience bénévole et aux citoyens qui participent et s’exposent.

FREDERIQUE MOULINIER-FUENTES

Médiation et partenaires sociaux

médiation syndicat

Formation des syndicats à la médiation

Rencontre avec les représentants des syndicats Guadeloupéens en formation à la médiation à Lyon en octobre.
Pour un médiateur intervenant régulièrement dans les relations de travail, quelle satisfaction de rencontrer les représentants d’un certain nombre d’organisations syndicales, patronales et salariales réunis pour une formation à la médiation.

Une opportunité magnifique de construire ensemble la pratique de la médiation dans l’élaboration du dialogue social.
La tâche est ardue, et doit passer non seulement par la mise en place d’un protocole clair et rigoureux, et des règles adaptées. Cela doit surtout supposer un vrai changement de paradigme ainsi qu’une révolution philosophique.

Il a semblé nécessaire d’appréhender le bouleversement moral que la démarche demandait.
La difficulté pour un représentant du personnel est de se dévêtir d’une posture de défenseur des droits et revêtir le costume du médiateur, tiers neutre, indépendant et impartial.
La différence majeure entre les deux missions, et donc les deux postures, réside dans la définition de l’objet de la mission. La négociation aura pour objet l’accord sur des éléments techniques ou juridiques, la médiation aura pour objet de la restauration de la relation.

 

C’est de cette problématique que nous proposons d’échanger lors de notre prochain Café Médiation le 6 décembre 2018, à 8h30 au Café Le Moderne.

Venez nombreux nous rejoindre et participer à cette réflexion.

(voir l’agenda : http://mediation-a-lyon.fr/cafe-mediation-a-lyon/agenda/

Gaëlle Walker

 

La médiation familiale, espace réceptacle du conflit

définir les besoins de chacun

Naissance du conflit conjugal

Le désordre émotionnel et la naissance du conflit conjugal

Claire Bonnelle, dans La Dynamique du conflit,  explique la naissance du conflit par « la persistance de la colère et l’impossibilité à entamer un travail de deuil »[1]. En effet, face aux blessures non pansées et lorsque l’identité des personnes est touchée, les interactions entre les membres du couple se transforment. La communication se détériore, et inconsciemment les personnes entrent dans un engrenage involontaire qui les mène au conflit.

La séparation est un évènement douloureux, qui touche la structure même de l’équilibre familial. Chaque membre du système familial va vivre la situation différemment, parfois avec une grande intensité émotionnelle selon sa propre histoire affective, éducative. Une des spécificités de la médiation est d’offrir un espace d’accueil des émotions et du désordre provoqué par l’expérience de la séparation.

Pour Jaqueline Morineau, le conflit « naît de la rencontre de deux désirs contradictoires qui s’opposent et qui paraissent vitaux à ceux auxquels ils appartiennent »[2]Le conflit résulte des souffrances non exprimées par les personnes et entraîne le désordre tant d’un point de vue individuel que d’un point de vue collectif. Chez l’individu, la souffrance non exprimée, non reconnue, peut conduire à l’expression de la violence. En cela, la médiation familiale peut accueillir le conflit conjugal et permettre la mise en mouvement d’un processus de transformation vers l’apaisement. Lire la suite

Noël en famille mode d’emploi !!!

Voici un extrait d’un article paru dans le journal « Femina » du 18 décembre 2017

Selon, Sophie Carquain, il existe quelques solutions pour prévenir les tensions qui peuvent exister au sein des familles et qui peuvent ressurgir lors du réveillon de de Noël. Ainsi, l’auteur propose un programme « peace and love » en 7 points : A vous de jouer !

1 – Répartir de manière équitable les lieux de festivités, si c’est possible bien sûr ; par exemple, alterner chaque année entre Noël chez vos parents et Noël chez les beaux parents l’année d’après ;

2  – Ne pas projeter sur le « mythe de la famille » type « Ricoré »… car souvent la famille est le lieu ou chacun reprend la casquette qu’on a toujours voulu lui donner…

3 – Faire travailler les autres : comme elles craignent d’être jugées, les maîtresses et maîtres de maison se fixent un niveau d’exigence souvent élevé…alors Mesdames et Messieurs si vous prenez le chemin des fourneaux pour l’occasion, n’hésitez pas à déléguer une partie de votre charge mentale…

4 – On peut opter pour le buffet : en effet, le buffet permet de proposer un large éventail de plats afin de satisfaire tout le monde (végan, végétarien, mordu de dinde etc….) et d’éviter le casse tête des plans de table !

5 – Pour les cadeaux : l’auteur préconise de s’y mettre 7 jours avant la date fatidique ! mais l’idée de la chaîne est intéressante : Mamie fait un cadeau à Papy qui fait un cadeau à Tatie qui fait un cadeau à Tonton qui fait un cadeau à….Ou bien tirage au sort avec un budget à définir à l’avance.

6 –  S’octroyer le droit de s’éclipser de la fête…et prendre le temps d’observer sa famille, en gros prendre du recul !

7 – Eviter les discussions sur la politique, la religion etc… les sujets qui fâchent !

Médiation du Rhône vous souhaite de passer de belles fêtes de fin d’année en famille ou pourquoi pas entre amis !!!

Médiation et contrat de travail

médiation travail

Médiation travail

Je vous livre ici la synthèse de la table ronde N°1 du Grand Café de la Médiation qui s’est déroulé le 9 novembre dernier. Le sujet m’a été inspiré de la pratique régulière de la médiation du travail : à tous moments du contrat de travail, de sa conclusion, à sa rupture, la relation de travail évolue, et peut nécessiter un accompagnement. La médiation peut intervenir dans ce cadre.

Gaëlle WALKER

Le dialogue dans la rupture du contrat de travail :  synthèse du Grand Café de la Médiation

Synthèse par Emilie ANDRIEU- Master 2 Justice Procès et Procédure Lyon 2

Les intervenants :

– Aline MONNIER HAUSER, avocate

– Elizabeth POLLE, Présidente de la Chambre sociale de la Cour d’Appel de Lyon

– Marie Pierre LARONZE, médiatrice et avocate

– Bernadette AMBELLIE, médiatrice familiale et animatrice de cette table ronde.


 

Synthèse :

La rupture du contrat de travail est un moment très violent pour chacune des parties au contrat, bien que la contestation émane très souvent du salarié.

La médiation quand elle est proposée n’est pas toujours acceptée car elle rencontre de nombreuses résistances (méfiance du salarié, des délégués syndicaux, des conseillers prudhomme, qui craignent un déséquilibre des rapports et un abandon de la règle de droit.

Le conflit va au-delà de la notion de litige : au-delà de la question juridique, est évoquée la relation entre les personnes, traiter cette dimension humaine demande du temps, et un cheminement des parties avec l’aide du médiateur.

Médiation et conciliation au Conseil des prud’hommes ; les parties distinguent mal les caractéristiques de chacune. Pour éviter les confusions, il faut informer les personnes, mais aussi leurs avocats sur leur singularité. Le médiateur et le juge ont un rôle pédagogique très important.

La saisine du médiateur peut avoir lieu à toute étape du contrat de travail, avant sa rupture et après, notamment en cas de contentieux.

Pertinence de la clause de médiation au contrat de travail : Quid de sa validité ? Elle peut permettre l’information et le recours à la médiation, mais elle doit rester une faculté : l’objectif étant de redonner confiance et dignité aux personnes.

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Noël !!

En ces fêtes de fin d’année qui approchent, mes pensées divaguent…divaguent vers quoi ? Vers les personnes qui viennent rencontrer un médiateur familial juste avant Noël. Du coup, je m’interroge. Pourquoi maintenant ? Peut-être que Noël n’est pas le meilleur moment ?

En effet, que se passe-t’il à Noël et que représente Noël pour beaucoup de gens ? Pour certains, c’est une occasion importante qui permet à toute la famille d’être enfin réunie. Pour d’autres, c’est une manière supplémentaire de pouvoir pratiquer sa religion et enfin, il y a ceux pour qui c’est le prétexte pour offrir à l’autre un cadeau qui lui fera plaisir. Mais, s’arrêter là serait oublier une autre catégorie de personne pour laquelle Noël ne représente rien ou est une véritable contrainte, voir une souffrance qu’elle n’a pas envie de revivre ou de vivre.

Alors, quel lien je fais avec la médiation familiale et les demandes de médiation qui arrivent subitement en cette fin d’année 2015.

Le point commun que je perçois, entre l’événement de Noël et la médiation familiale me paraît être le mot « FAMILLE ». Oui, la famille interpelle, remue…Ainsi vivre au sein de sa famille ou vivre des relations avec les membres de la famille à laquelle on appartient peut être difficile. Et, voilà Noël qui vient réveiller les vieux démons qui sont mis en sommeil le reste de l’année. Recourir alors à la médiation familiale en cette fin d’année, est peut être un moyen de se dire que l’on peut vivre les relations familiales autrement que dans le conflit, la dispute ou la rupture. Participer à au moins un rendez vous est peut être un temps que l’on se donne pour parler et écouter et pourquoi pas se comprendre. Quelque soit le motif pour aller en médiation, le professionnel ne peut que constater le courage et la volonté des personnes pour essayer de changer les choses. Alors, c’est peut être cela Noël…croire en la magie du lien qui se crée, se réinvente dans le cadre de la médiation.

Bernadette AMBELLIE

2ème Café Médiation : la médiation judiciaire au cœur des échanges


image café de la médiationPour ce deuxième Café Médiation, rencontre informelle entre avocats et médiateurs autour d’un café , Médiation du Rhône propose un thème pour alimenter les échanges.

Evoquer les mécanismes et la pratique de la médiation judiciaire à Lyon.

Au travers de l’expérience de certains, des idées des autres, et de la pratique de la médiation judiciaire  actuelle,  le fait d’aborder ce sujet entre professionnels du droit et de la médiation peut permettre d’y voir plus clair sur ce qui se fait, et sur ce qui pourrait être développé.

Il s’agit également de réfléchir sur la place de chacun dans ce processus et les échanges et complémentarités entre l’avocat, garant du droit, et le médiateur, expert de la relation.

Tous s’accordent à dire que la médiation judiciaire doit se développer. Mais dans la pratique, les freins sont nombreux. Les juges, un peu contraints, y recourent mais pas toujours avec conviction, les avocats craignent d’y perdre leur clientèle ou une part de la maitrise de leur dossier, et les médiateurs outre-passent parfois leur mission,  s’aventurant sur le domaine du conseil juridique…

La loi impose désormais que chaque individu soit informé du recours possible à la médiation, et qu’avant toute saisine d’une juridiction, les parties justifient des démarches de recours amiable effectuées. Mais si les acteurs ne sont pas eux-mêmes convaincus de l’intérêt de l’intervention du médiateur dans la procédure, les contraintes n’auront aucun effet. De même qu’il est difficile de recevoir en médiation deux personnes qui ne souhaitent pas vraiment trouver une solution par elles-mêmes : la médiation échouera certainement.

Il s’agit donc bien à la fois de pédagogie, ainsi que de  construction de nouvelles pratiques. Et il est donc nécessaire de redéfinir le rôle de chacun, de façon pragmatique, et concrète.

Première exigence : comment ne pas alourdir la procédure judiciaire : il sera étudié un mode de saisine du médiateur simple, réactif, proposé à l’usage du juge. La proximité et la localité des médiateurs est un atout. Mais aussi leur disponibilité et leur capacité à considérer l’urgence de ces dossiers.

Ne pas outrepasser les droits des personnes : la présence de l’avocat est donc nécessaire avant et après le processus de médiation. Elle peut éventuellement être envisagée pendant le processus, si l’éclairage juridique est nécessaire pour la construction de l’accord.

Le maître mot de la réussite de la médiation judiciaire est donc la confiance : confiance du juge en  la compétence du médiateur, ce qui nécessite des exigences professionnelles des médiateurs en terme de formation et d’expérience.

La confiance de l’avocat envers le médiateur est essentielle, tant en ce qui concerne sa compétence que sa collaboration.

Et la confiance des personnes en la médiation, et ses effets. Cette confiance garantit la volonté des parties d’ »entrer en médiation » et donc d’un probable succès du processus.

Ainsi par ces rencontres, bâtissons la confiance.

CAFE MEDIATION – 3 septembre 2015 – 8h30

 Brasserie du Palais de justice. 211 Rue Duguesclin- Lyon

Gaëlle WALKER