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Confinement et regroupement familial : bonne nouvelle ?

Il y a la question traditionnelle : Qui tu emmènerais si tu devais rester sur une île déserte ?

Et bien là, pas le choix, ce confinement ne nous a pas trop laissé le temps de réfléchir.

Pour moi…Se retrouver en famille : tous les 5.

Je me suis d’abord dit « quelle angoisse », la perspective de ce 24h/24H (même dans des conditions que je sais très chanceuses) m’a vraiment mis la boule au ventre !

Et puis, il y a eu (assez vite) l’idée d’une belle opportunité. L’occasion de passer un peu de temps avec nos ados toujours « en fuite » du cocon familial et en recherche du groupe de copains. L’occasion de ne plus courir après le temps.

Et l’occasion qu’eux même se découvrent à nouveau : les liens frères/sœurs… Hier, je les ai vu jouer aux cartes, faire un Petit Bac… sans disputes !

Ce confinement c’est peut être l’occasion de se ré interroger sur la relation familiale. Je suis consciente que nous sommes ensemble et que c’est une chance. D’autres sont séparés ou seuls.

Et puis ce confinement c’est aussi l’occasion de ressentir ce manque. Je sais que ma « Famille » va au-delà de mon club des 5. Le contact physique et visuel avec mes parents manque déjà à mon quotidien, mes sœurs et mon frère, mes neveux et nièces….

Et je sais que ma vie est très rythmée par mes amis : déjeuners hebdomadaires, soirées régulières, cafés « philosophiques.. » ou plutôt « psychanalytiques » !

Si je prends conscience que j’ai cette chance, le confinement me force aussi à me re dire que l’amitié, l’amour ça se cultive. Ne plus se voir pousse à réfléchir, aux moyens de nourrir ces relations primordiales, au moyen de rester en lien profond. Peut-être que l’éloignement physique permettra le rapprochement émotionnelle. A moins se voir, à ne plus se voir, on va peut-être, être obligé de se dire les choses, de s’écrire.

Mon métier est basé sur la parole, la communication et la rencontre. C’est frustrant pour une médiatrice d’être confinée !

Alors je réfléchis ces jours ci à la façon dont je pourrais rester en lien aussi avec mon métier. Je pense très sincèrement à toutes ces familles pour qui le confinement impose une situation délicate. A tous ces parents qui se trouvent aussi en prise avec des ados ou des jeunes enfants. A tous ces enfants qui subissent une proximité difficile. A tous ces ados qui voient « leur petit monde » bousculée.

Quand j’aurais trouvé une façon de proposer mon soutien à ceux qui en ont besoin, je reviendrais .

Frédérique Moulinier Fuentes

Médiation et Harcèlement Café-Débat / Médiation du Rhône

Le Café-Débat mené par Médiation du Rhône s’est tenu jeudi 5/02 en présence d’Avocats, Directeurs Ressources Humaines, Médiateurs Familiaux, Médiateurs d’entreprises, Coach d’entreprises, Juristes spécialistes du droit du travail, Etudiants en médiation.

Le partage d’expériences et l’expertise des professionnels ont permis d’aborder la complexité des situations de harcèlement au travail et l’intérêt du processus de médiation dans ce contexte spécifique.

A partir de quel moment peut-on distinguer une situation de harcèlement d’une situation de conflit ?

A partir de quand des relations de travail sources de tensions et de non-dits, deviennent conflictuelles au point de les percevoir comme une forme de harcèlement ?

Outil pertinent d’expression et de régulation des conflits, la médiation va permettre d’évaluer les situations difficiles vécues dans le domaine du travail et de prévenir la saisine des instances juridiques.

La médiation est reconnue par la Cour de Cassation comme une mesure de prévention des risques. « La démarche de médiation devient un outil de politique managériale afin de maîtriser les signaux d’alerte des conflits et des problèmes de souffrance au travail ».

L’Article L1152-6 du code du Travail prévoit qu’: « Une procédure de médiation peut être mise en œuvre par toute personne de l’entreprise s’estimant victime de harcèlement moral ou par la personne mise en cause ». Dès lors, si un salarié effectue une demande de médiation, l’employeur est tenu de lui donner les moyens pour la mettre en œuvre, ne serait-ce qu’au titre de son obligation de prévention. D’autre part, la même démarche peut émaner du dirigent lorsqu’elle concerne les salariés de son entreprise.

Elle permet d’éviter l’aggravation du conflit, de désamorcer le litige et de trouver des solutions acceptables pour chaque partie.

Étayé de diverses expériences professionnelles, le débat a mis en lumière la place de la législation en matière de harcèlement et la dimension temporelle qu’implique une situation de souffrance au travail. Au-delà de la dimension juridique, le médiateur doit être en mesure de distinguer les risques psycho-sociaux, le conflit et le harcèlement moral.

En effet, la démarche de médiation doit tenir compte de la vulnérabilité des victimes et du déséquilibre éventuel entre les parties.

Garant du cadre et de la sécurité (physique-psychique) des personnes accompagnées, le médiateur porte une véritable responsabilité. Il va soutenir les salariés et les managers dans le respect du cadre déontologique auquel il est tenu, à savoir la confidentialité des entretiens, la neutralité, l’impartialité, l’indépendance.

Face à un conflit, une approche binaire amènerait à rechercher la cause et arbitrer les responsabilités. A l’inverse, le médiateur va s’attacher à regarder la situation sous un autre angle, souvent d’un point de vue systémique, pour s’intéresser à la relation et à la circulation de la parole.

Aujourd’hui inscrite dans une démarche d’obligation légale, la médiation contribue à la mise en place d’actions préventives.

Elle contribue à sensibiliser tant les salariés que les dirigeants d’entreprise, ayant pour finalité de maintenir des relations professionnelles apaisées, et d’élaborer un débat constructif autour du travail dont les conséquences favorisent un climat professionnel productif, performant, créatif et bienveillant : Organisation du travail, définition des missions de chacun, co-expertise, culture et valeurs de l’entreprise, comment dialoguer autour de ses missions, comment parler du fonctionnement collectif et ajuster sa pratique professionnelle…

Caroline ALMOSNINO, Médiatrice Familiale – Médiatrice Entreprises, Assermentée auprès de la Cour d’Appel de Lyon- Médiation du Rhône

Concours de la médiation de l’université Lumière Lyon 2

Jeudi 14 novembre a eu lieu la finale du concours de la médiation organisé par l’Université Lumière Lyon 2 et plus particulièrement par 2 étudiantes Lia et Alexia : Vrai challenge pour les organisatrices qui ont dû constituer un jury et trouver des « médiés » fictifs pour mettre en scène des situations de médiation. Etudiants et médiateurs se sont prêtés au jeu. Certains avec un vrai talent d’acteur!

Chaque candidat retenu pour cette finale, a eu une demi-heure pour, à travers des extraits d’entretiens individuels et commun, s’entraîner à la posture du médiateur, expérimenter certains outils et mettre en avant les objectifs de la médiation.

Se soumettre à l’œil critique de leurs enseignants, du jury de médiateurs et du public est courageux. Cela a été aussi l’occasion pour chacun, par la suite, de partager avec les membres du jury sur cette expérience, sur leurs ressentis et sur leurs inquiétudes. Merci aux organisatrices de m’avoir proposé de participer à ce jury.

« Oser » fait parfois partie de la boite à outils du médiateur, c’est donc un premier pas pour Caroline, Aline et Flonard d’avoir eu le courage de  se lancer en public…

Et Bravo à Aline qui a remporté ce premier concours de la médiation.

Frédérique Moulinier Fuentes

La victime en médiation, et la réparation…

La victime en médiation

Lors d’un conflit, dans le domaine du travail en particulier, il est fréquent que l’une ou l’autre des personnes se dise « victime » d’un comportement ou d’agissements de son partenaire, parfois même les deux personnes simultanément.

Dans ces situations, la médiation est-elle appropriée? Peut elle aider à l’amélioration des relations? Y-a-t-il des techniques spécifiques pour traiter cette situation?

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Ecole, émotions, art et connaissance de soi

Atelier d’expression artistique

Parler des émotions à l’école à 80 enseignants, c’est le défi qu’ont accepté de nous confier des directrices de collège en ce début d’année scolaire.

Nous sommes tout à la fois des êtres de raison et d’émotions. C’est encore plus vrai pour les élèves/adolescents. Les émotions sont très présentes au collège, car l’entrée au collège coïncide avec l’entrée dans l’adolescence, cette période si particulière du développement, période de transformations, où les émotions prennent beaucoup de place.

Sensibiliser leurs professeurs sur ce sujet, a été notre défi avec Isabelle de la Selle (La clé de l’atelier).

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Médiatrice aux Urgences : une année pour expérimenter.

Je viens de passer une année dans les services d’urgence des Hospices Civils de Lyon.

Qu’est ce qui peut amener à l’idée que cet espace a besoin de médiateur ? Qu’est ce qui se joue et entre qui ? Qui a besoin de médiateurs ?

Il est certainement question de cette fameuse « bientraitance » : Cette façon de prendre soin du patient, de son accompagnement, d’entendre sa souffrance, son angoisse et surtout ce souhait d’y répondre au mieux. La bientraitance c’est une attitude. Celle qui permet de meilleures conditions pour la prise en charge du patient et des accompagnants et celle qui procure le plus de sérénité possible pour le soignant.

Mettre en place une étude sur l’impact de la présence d’un médiateur dans un service d’urgences, c’est intéressant et cela questionne :

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débattre

Débattre : « discuter avec vivacité et chaleur… »

Débattre : « discuter avec vivacité et chaleur… »

Je participe volontairement et bénévolement à l‘animation de rencontres du Grand Débat National. C’est apparu comme une évidence. Participer au Grand Débat a un sens pour moi : je  pourrais me rendre à certains débats comme participante. J’ai choisi de proposer certaines de mes compétences professionnelles pour soutenir, accompagner, être en appui à ces rencontres de citoyens. J’ai choisi de proposer un cadre à ces réunions, de faciliter l’écoute et l’expression de chacun et de favoriser la co construction dans les échanges. Tous ces objectifs sont un peu ambitieux mais portés par une vraie envie : l’envie d’être là, dans un acte citoyen et avec les autres.

Etre indépendant, neutre et impartial c’est le leitmotiv des médiateurs et il me semble que c’est « la » posture adéquate pour animer ces débats et essayer de leur donner un sens. Pas forcément celui du débat partisan, celui du débat « sensible ». Sensibilité des situations, des sujets, des personnes, des difficultés exprimées. Je crois vraiment que la présence d’animateurs formés à la médiation est un atout pour le déroulement de ces échanges.

Beaucoup d’inconnus à chaque débat : le nombre de personnes, la diversité (ou non) du public, l’adhésion (ou non) au cadre proposé et surtout l’inconnu de l’instant présent.

Les réunions se suivent et ne se ressemblent pas…Certains repartent heureux voir enthousiastes, pour d’autres ces débats sont stériles. Ils ne sont que le reflet des cahiers de doléances, une longue litanie de ce qui ne plait pas, un catalogue de revendications. Peut- être…mais je me satisfaits de voir des hommes et des femmes, se rencontrer, se parler, partager des idées, se confronter, être ensemble, se trouver et se retrouver. Pour moi quel qu’en soit le contenu, c’est aussi ce que ce moment représente qui a du sens. Chacun manifeste et se manifeste. Chacun dit et entend dire.

En tant que médiatrice, je suis là pour essayer de soutenir cette liberté d’expression, pour faire circuler la parole qu’elle soit revendicatrice, force de proposition ou qu’elle constate.

L’exercice est difficile. J’aimerais que les personnes quittent ces débats satisfaites du temps passé et de la qualité des échanges. Mon œil de professionnel s’attache à ce que les hommes et les femmes présents se soient sentis respectés et accueillis dans leur propos, mon cœur de citoyenne veut se féliciter de la possibilité de cette rencontre.

C’est une expérience : et comme toute expérience, il faut la regarder avec un œil critique.

Il y a des choses à améliorer dans l’organisation des débats, dans l’animation et dans la synthèse. Et on peut aussi se dire que nous partageons ensemble cette expérience. J’aimerais que nous restions bienveillants les uns envers les autres, qu’il s’agisse de débattre ou d’animer…Voyons le côté positif des choses et partons d’un apriori positif.

A la suite d’un débat, je me suis posée plusieurs questions…Pourquoi je me sens obligée de faire ça ? Pourquoi je vais jusqu’à me mettre en difficulté parfois dans le cadre de ces débats ? Qu’est-ce que je cherche ?

Je cherche la rencontre, la liberté, la possibilité. J’ai vraiment envie de dire MERCI aux médiateurs qui partagent cette expérience bénévole et aux citoyens qui participent et s’exposent.

FREDERIQUE MOULINIER-FUENTES

Médiation et partenaires sociaux

médiation syndicat

Formation des syndicats à la médiation

Rencontre avec les représentants des syndicats Guadeloupéens en formation à la médiation à Lyon en octobre.
Pour un médiateur intervenant régulièrement dans les relations de travail, quelle satisfaction de rencontrer les représentants d’un certain nombre d’organisations syndicales, patronales et salariales réunis pour une formation à la médiation.

Une opportunité magnifique de construire ensemble la pratique de la médiation dans l’élaboration du dialogue social.
La tâche est ardue, et doit passer non seulement par la mise en place d’un protocole clair et rigoureux, et des règles adaptées. Cela doit surtout supposer un vrai changement de paradigme ainsi qu’une révolution philosophique.

Il a semblé nécessaire d’appréhender le bouleversement moral que la démarche demandait.
La difficulté pour un représentant du personnel est de se dévêtir d’une posture de défenseur des droits et revêtir le costume du médiateur, tiers neutre, indépendant et impartial.
La différence majeure entre les deux missions, et donc les deux postures, réside dans la définition de l’objet de la mission. La négociation aura pour objet l’accord sur des éléments techniques ou juridiques, la médiation aura pour objet de la restauration de la relation.

 

C’est de cette problématique que nous proposons d’échanger lors de notre prochain Café Médiation le 6 décembre 2018, à 8h30 au Café Le Moderne.

Venez nombreux nous rejoindre et participer à cette réflexion.

(voir l’agenda : http://mediation-a-lyon.fr/cafe-mediation-a-lyon/agenda/

Gaëlle Walker

 

La médiation familiale, espace réceptacle du conflit

définir les besoins de chacun

Naissance du conflit conjugal

Le désordre émotionnel et la naissance du conflit conjugal

Claire Bonnelle, dans La Dynamique du conflit,  explique la naissance du conflit par « la persistance de la colère et l’impossibilité à entamer un travail de deuil »[1]. En effet, face aux blessures non pansées et lorsque l’identité des personnes est touchée, les interactions entre les membres du couple se transforment. La communication se détériore, et inconsciemment les personnes entrent dans un engrenage involontaire qui les mène au conflit.

La séparation est un évènement douloureux, qui touche la structure même de l’équilibre familial. Chaque membre du système familial va vivre la situation différemment, parfois avec une grande intensité émotionnelle selon sa propre histoire affective, éducative. Une des spécificités de la médiation est d’offrir un espace d’accueil des émotions et du désordre provoqué par l’expérience de la séparation.

Pour Jaqueline Morineau, le conflit « naît de la rencontre de deux désirs contradictoires qui s’opposent et qui paraissent vitaux à ceux auxquels ils appartiennent »[2]Le conflit résulte des souffrances non exprimées par les personnes et entraîne le désordre tant d’un point de vue individuel que d’un point de vue collectif. Chez l’individu, la souffrance non exprimée, non reconnue, peut conduire à l’expression de la violence. En cela, la médiation familiale peut accueillir le conflit conjugal et permettre la mise en mouvement d’un processus de transformation vers l’apaisement. Lire la suite